La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût pour la collectivité et pour chacun d’entre nous. Comment réduire la facture ?
Plus d’un Français sur dix a déjà renoncé aux bons soins d’un médecin spécialiste, un sur vingt à ceux d’un généraliste. En cause : l’impossibilité d’avancer le coût de la consultation ou les dépassements d’honoraires parfois appliqués. La fréquentation des centres de santé permet de contourner ces deux obstacles ; qu’ils soient municipaux, mutualistes ou associatifs, tous pratiquent le tiers payant, et aucun n’applique de dépassement d’honoraires. Les consultations des hôpitaux, ainsi que de certaines cliniques, proposent également le tiers payant. Autre voie d’économie, les écoles des professions de santé : les instituts de formation des pédicures-podologues offrent des soins et des appareillages à prix réduit ; les centres de soins des facultés dentaires affichent quant à eux des tarifs moins coûteux pour les prothèses et l’orthodontie. Reste que toutes ces filières ont un défaut lié à leur succès : le temps d’attente avant rendez-vous se révèle souvent assez long.
Se donner les moyens de payer moins
En cabinet de ville, les délais sont plus courts, mais qu’en est-il des prix ? Le site de l’Assurance Maladie (wwww.ameli.fr) affiche le secteur d’appartenance des médecins : 1 (honoraires fixes) et 2 (honoraires libres). Il mentionne aussi les tarifs pratiqués par chacun des médecins et des dentistes. Ces derniers doivent par ailleurs fournir à leurs patients un devis préalable pour les prothèses, implants, l’orthodontie… La loi impose également un devis avant la réalisation d’une paire de lunettes ou d’une prothèse auditive. Rien n’interdit alors de faire jouer la concurrence ! Idem pour les médicaments délivrés sans ordonnance, dont les prix varient beaucoup d’une pharmacie à l’autre. Quant aux médicaments délivrés sur prescription, le bon sens conseille d’accepter leur version générique, aussi efficace, moins chère et mieux remboursée. Autre avantage non négligeable : le système de prévention santé mis en place par l’Assurance Maladie. Ainsi, tous les assurés du régime général et leurs ayant-droits peuvent bénéficier d’un bilan, personnalisé et gratuit, dans les centres d’examen de santé rattachés aux caisses. De même, les enfants de 6 à 18 ans ont droit à un bilan dentaire gratuit tous les trois ans (programme M’T Dents). Les femmes de 50 à 74 ans bénéficient pour leur part d’une mammographie gratuite tous les deux ans dans le cadre du dépistage du cancer du sein. Et les 50-74 ans des deux sexes, d’un dépistage du cancer colorectal tous les deux ans, gratuit lui aussi. Enfin, certaines bonnes pratiques permettent de faire coup double : se soigner mieux en dépensant moins. C’est le cas en respectant le principe du parcours de soins coordonnés (choix d’un médecin traitant à consulter en priorité), ou encore en évitant la consommation de médicaments inutiles.
Sources : USMCS, Ciss/Ipsos, Cnamts, droit-medical.com.
AG2R&VOUS n° 21 – pages 4 et 5